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Lettre d’un Poilu

Here’s an exemple with (my) translation of a French soldier’s words to his 15 month old son.  The text was found online at the website:  http://textes.poesies.free.fr/news.php?extend.449.7

A mon petit Armand

Tu es encore bien jeune et ne peux comprendre ce qui se passe en ce moment : la guerre, ses horreurs, ses souffrances.
Cette carte sera un souvenir de ton père, et il te souhaite qu’a l’avenir les hommes soient meilleurs, et que semblable chose ne puisse plus arriver.
Que jamais tu n’aies besoin, et sois forcé, de mener la vie que je subis en ce moment en compagnie de beaucoup de papas qui ont laissé, comme moi, de petits anges chez eux.
Pour t’élever, tu te trouves d’être bien pénible, mais tu te rattraperas de cela en étant dans quelques années un petit garçon bien gentil et obéissant.
Le moment venu, je serai sûrement auprès de toi pour te diriger, mais si mon espoir était déçu, en mémoire de ce père que tu n’auras pas connu, redouble de gentillesse pour ta mère et pour ceux qui t’élèveront.
Devenu un homme, sois du nombre de ceux qu’on appelle les honnêtes gens.
Sois bon pour ton prochain, ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’il te fût fait.
Vénère ta mère ; sois pour elle un soutien véritable.
Rappelle-toi aussi que le vrai bonheur ne se trouve pas dans la richesse et les honneurs, mais dans le devoir vaillamment accompli, ainsi que les bonnes actions.
Si le destin te donne des épreuves à subir, sois courageux et tu les surmonteras, mais si par malheur tu te laisses entraîner par le vice, les passions, relis vite mes conseils, ne te laisse pas aller à la dérive.
Il n’y a que le premier pas qui coûte ; une fois entraîné par le courant, on roule de chute en chute, et il arrive qu’on ne peut plus se relever.
C’est trop tard.
Alors, arrivé à ce point, la vie est finie.
Gâchée par sa faute.
Et on est plus bon qu’à être la risée, ou montré du doigt par tout le monde, suivant le penchant qui a perdu l’homme.
J’espère n’avoir pas à rougir de toi car je sens que tu suivras le chemin de l’honneur.
En attendant de pouvoir te choyer et caresser, je te fais, mon petit fanfan, de grosses bises.

Joseph THOMAS

 

 

Translation:

 

 

5 août 1915

You are still quite young and cannot understand what is happening at this moment : the war, the horrors, the suffering. This letter will be a souvenir of your father, and il hopes that in the future men will be better, and that something like this may never happen again. That you never need, and never be forced, to lead the life that I am subjected to while in the company of many dads that have left, like me, little angels in their homes. Raising you is painful or difficult, but you will make up for it given that in a few years you will be a nice and obedient young boy. That moment come, I will surely be near to direct you, but if my hope is disappointed, in memory of this father that you will not have known, double up your kindness for your mother and for those who will raise you.
 
Having become a man, be amongst those who call themselves honest people. Do unto others as you would have them do unto you. Respect your mother ; be for her a true support.  Remember also that true happiness cannot be found in riches or honors, but in work valiantly accomplished, as well as good deeds. If destiny subjects you to trials and tribulations, be courageous and you will overcome them, but if by misfortune you let yourself get dragged into vice, passions, reread my advice, don’t let yourself get swepted away. Only the first step costs us ; once we are swept away by the current, we fall lower and lower, until we can no longer get up. It’s too late. So, arriving at this point, life is finished. It is wasted by our own fault. And we are only good for being laughed at, or pointed the finger at by everyone, according to how we’ve lost ourselves. I hope never to feel ashamed of you because I sense that you will follow the honorable path. While waiting to be able to hold and caress you, I give you, my small child, many kisses.

Joseph Thomas was a farmer and lived in Saint-George-d’Espéranche.
 
This letter was destined to his 15 month old child.
 
Joseph only had 8 months left to live. He died March 30th 1916 in Verdun.

 

 

 

 

 

 

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